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MELILLA : L'immigration à Melilla
Lundi, 22 Septembre 2008 06:58
Melilla, confetti de territoire espagnol au nord de l'Afrique, 7 kilomètres de côtes, 10 kilomètres de frontières terrestres avec le Maroc. C'est l'une des portes vers l'Europe pour les immigrants Maghrébins, subsahariens, asiatiques. Une porte fermée par la bahia, cette double cloison grillagée haute de 7 mètres.
 
A son sujet, Juan Antonio Martin Rivera, membre du commandement de la Guardia Civil de Melilla déclare ceci : "Le mur comporte un cable de
Carte de localisation de Melilla
détection. Quand on touche la cloison extérieure, l'alarme se déclanche au centre opérationnel de service. De là, on dépêche nos patrouilles".

Depuis 2005, année au cours de laquelle des centaines de clandestins avaient tenté de forcer le passage, les autorités espagnoles ont mis en place ce système de contrôle très sophistiqué : cloisons multiples en acier, alarmes, vidéo surveillance. Aujourd'hui les clandestins savent qu'il est presque impossible d'escalader le mur.

Le président de l'association de défense des sans-papiers "Prodein", José Palazon explique schéma à l'appui que si quelqu'un monte sur la première barrière et tombe sur les cables, alors les cables se referment sur lui, se tendent, et cela laisse aux immigrés des blessures terribles.

Ils seraient pourtant autour de 600 à entrer à Melilla chaque année. Il existe donc d'autres moyens de passer.

José Palazon rajoute ceci : "A une frontière, si je veux passer, ceux que je paye font forcément partie des forces de sécurité. Pour 3000 euros, tu peux passer à Melilla tout en étant sûr d'avoir de très grandes chances de réussir."

La douane de Benianzar est le principal point de passage entre le Maroc et Melilla pour le commerce notamment. Ici, certains passent avec de faux papiers marocains, d'autres sont cachés dans des véhicules à double fond.

Une fois à Melilla, les sans-papiers sont accueillis dans un centre de rétention, le SETI. Eau courante, nourriture, les passeurs le surnomment l"Hôtel". Au sujet de ce centre, un sans-papiers déclare : "Ici, la nourriture, tout va bien : les vigiles, les cuisinières, les infirmières sont gentils, tout va bien".

Les passeurs ont averti : il ne faut surtout pas révéler son pays d'origine si des accords d'expulsion existent avec l'Espagne. Le but, c'est d'être transféré dans le cadre de la loi d'avril 2005 vers un autre centre sur la Péninsule.

En théorie, au bout de quarante jours passés en Espagne métropolitaine, les clandestins sont relâchés et libres, toujours sans papiers mais inexpulsables.

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